Anges Noirs Tome 2 : Jérem
Je ne devrais pas m’approcher d’elle…
Moi, c’est Jérem. Je suis un Ange Noir.
Ma vie se résume au Rock, aux potes, et aux conquêtes d’un soir.
Des emmerdes, j’en ai connues dans ma vie.
Pourtant, quand Julien l’ami d’enfance en cavale de mon meilleur pote apparaît, je ne peux m’empêcher de lui tendre la main.
De même quand cette magnifique jeune femme se retrouve aux prises avec un ex-mari qu’elle ne veut plus voir, là encore, je vole à son secours. Mary-Ann a besoin d’aide et me trouble plus que de raison…
Comment vais-je me sortir de ce pétrin sans me perdre ni entacher la réputation grandissante des Anges Noirs ?
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- Extrait -
Je vois bien que Bapt est emmerdé. Son téléphone n’arrête pas de sonner et il reste bloqué devant la porte. Quand je le rejoins, il me présente à un mec d’à peu près notre âge.
— Jérem, voici Julien.
L’autre n’a rien dit. Il a l’air complètement perdu. Et mon pote, pas mieux.
Julien. Mon esprit fait le lien à toute vitesse. Julien, son ami d’enfance, son meilleur ami. Mais aussi, celui avec qui son premier amour l’a trompé, et pour qui elle l’a quitté. Sans compter qu’il est soupçonné du meurtre de sa compagne, si j’ai bien tout saisi.
La sonnerie de son portable retentit à nouveau. Bapt semble hésiter. Je pose ma main sur son épaule pour qu’il m’écoute et surtout, se calme.
— File retrouver Elena. Je m’en occupe.
Un hochement de tête puis il attrape ses clés de voiture et quitte son appartement. Je prends mon trousseau et ma veste puis sors à mon tour. Julien toujours sur le pas de la porte.
— Viens avec moi, lui ordonné-je.
Il ne répond rien, mais m’emboîte le pas.
Je ne sais pas encore ce que je vais faire. La logique voudrait que je l’amène chez les flics. Mais eux et moi, on n’est pas vraiment copains. Et puis, il a plus l’air d’un pauvre type que d’un bandit. On passe devant un bar. Je m’y engouffre, il me suit. Nous choisissons une table loin des oreilles indiscrètes. J’ai besoin de savoir où je mets les pieds si d’aventure je décide de l’aider. Et personne n’a besoin d’entendre notre échange.
— Merci de ne pas m’envoyer direct au commissariat, me sort ce mec que je ne connais pas autrement que par son histoire avec mon meilleur pote depuis deux ans.
— Je n’ai pas encore décidé.
Son regard change, d’inquiet il devient paniqué.
— Je n’ai rien fait. Je… je l’aim…
Oh putain ! Il ne va pas se mettre à chialer quand même ? Je veux bien être compatissant, mais il ne faut pas trop pousser le bouchon.
— Explique-moi ça. Si tu n’as rien fait, comment ça se fait que tu te retrouves ici, en cavale, à des centaines de kilomètres de chez toi ?
— C’est à n’y rien comprendre.
— Je suis tout ouïe.
Il triture ses doigts, cherchant à coup sûr par quoi commencer.
— Bapt et moi on se connaît depuis toujours ou presque. Je sais que je n’ai pas été carré avec lui, mais je suis tombé amoureux… de sa copine. Je n’avais rien prémédité.
— Encore heureux ! Il y a des règles entre potes, et ça, c’est la première, on ne touche pas à sa nana.
— Ouep, je sais, acquiesce-t-il en baissant les yeux vers la table.
De mon côté, je l’observe. J’ai hâte de connaître la suite.
— En fait, je suis tombé amoureux d’elle à la minute où je l’ai rencontrée. Mais j’étais tellement timide que je ne l’ai jamais dit ni à elle ni à Bapt. Et c’est lui qui est sorti avec. On a fini ensemble, un soir après une soirée. On dormait tous les trois chez Bapt. Enfin, à la base, ce n’était pas prévu. Mes parents habitent à quoi ? Dix minutes à pied de chez les siens. Lui s’est effondré sur le canapé. Moi j’allais rentrer chez moi quand Virginie m’a chauffé un max. Ce n’était pas la première fois. Mais cette fois-là, je n’ai pas su résister. L’alcool, mes sentiments refoulés, j’te jure, j’ai lutté des mois avant de succomber. Virg’ est une fille bien, elle était malheureuse et…
— Épargne-moi le couplet du sauveur de ces dames, s’il te plaît, ça n’excuse rien.
— Je sais. Je te remettais juste le contexte. Enfin bref, elle m’a entraîné dans sa chambre, enfin celle de Bapt, et cette nuit-là, il ne sait rien passé. On a flirté, mais j’étais tellement crevé que je me suis endormi direct. On s’est réveillés le lendemain matin dans les bras l’un de l’autre, elle en chemise de nuit, et moi, torse poil, mon pantalon toujours accroché à ma ceinture. Mais Bapt a ouvert la porte et s’est mis à gueuler. Sans nous laisser une chance de nous expliquer.
— Et après ?
— Ben, il m’a viré à coups d’insultes. On a failli en venir aux mains. Enfin, lui, il m’a collé son poing dans le pif, alors, je suis parti. Virginie a pris ses affaires et s’est barrée aussi, peu après. Elle l’a quitté le matin même, mais en réalité, ça faisait déjà longtemps qu’elle voulait le faire.
— OK, c’est bon, j’ai le contexte. Depuis vous vous êtes mis ensemble, et bla bla bla, et bla bla bla. C’est cool pour vous. Mais comment on en arrive à sa mort et à toi, suspect numéro un aux yeux des flics.
— J’ai fait le con. C’est vrai. Mais je ne lui aurais jamais fait aucun mal. Je l’aimais comme un dingue. Mais j’ai croisé la route des mauvaises personnes. Et ils m’ont collé ça sur le dos, en plus d’assassiner la femme de ma vie.
— Il va m’en falloir un peu plus si tu veux que j’envisage de t’aider. Je ne suis pas un gendre idéal, certes, mais je ne suis pas non plus un truand. Alors, hors de question que je me mouille si tu n’es pas clair.
La serveuse arrive à cet instant pour prendre nos commandes. J’avise l’heure et choisis un café. Il n’est pas onze heures, trop tôt pour prendre une bière. D’un mouvement de tête je demande à Julien ce qu’il veut.
— Deux cafés, s’il vous plaît, commandé-je à la jeune femme sans même lui adresser un regard.
Enfin, jusqu’à ce qu’elle me réponde que c’était comme si c’était fait avec un accent so british qui en d’autres circonstances m’aurait mis au défi de la ramener dans mon lit. Je la regarde s’éloigner, elle est bien roulée, ça, c’est une évidence, je vois son cul moulé à la perfection dans son jean clair, sa démarche chaloupée est une invitation à la débauche.
Argh ! Il faudra que je revienne m’occuper d’elle un de ces quatre !
Je reporte mon attention sur Julien. Ce mec a l’air complètement perdu.
— Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Je me suis réveillé sur le canapé. On s’était disputés. Ça nous arrivait souvent les derniers temps. Elle voulait que je me pose, que j’arrête mes conneries, elle voulait une famille, mais je n’étais pas prêt. Ce matin-là, j’ai voulu me faire pardonner. Je suis allé dans la chambre. Mais quand je suis arrivé sur le seuil, par la porte entrouverte j’ai tout de suite senti que quelque chose n’allait pas.
Je ne l’interromps pas, pourtant, j’ai déjà un tas de questions qui me viennent à l’esprit. Mais je sens aussi que si je le coupe, je ne connaîtrai pas toute l’histoire.
— J’ai poussé la porte et là, j’ai vu tout ce sang.
La serveuse choisit cet instant pour revenir avec nos cafés. Et là, je le vois se refermer. Comme une huître. Je règle nos consommations et quand la belle s’éloigne, je tente de le relancer.
— Et qu’est-ce que tu as fait ?
Il hésite un instant. Je le vois triturer ses doigts entrelacés devant lui.
— J’ai honte.
— Pourquoi ?
— Je me suis enfui.
— Mais pourquoi si tu n’y es pour rien ?
— Je ne me souviens pas de la soirée…
— Et alors ? Tu te crois capable de l’avoir fait ?
Il secoue la tête de gauche à droite, de droite à gauche avant de cacher son visage dans ses mains. Après un moment silencieux pendant lequel j’ai avalé mon café, il assène :
— Je ne sais pas.
Je le fixe en me demandant si j’ai bien entendu. Le silence s’est installé.
— Comment ça, tu ne sais pas ?
— Tout est embrouillé dans ma tête. Ça fait des mois que je me demande ce qu’il s’est passé. La police me recherche, ils n’ont apparemment pas d’autres pistes. J’aimais Virg’, plus que tout, mais parfois je ne sais plus trop ce que je fais. Alors, peut-être qu’ils ont raison, que c’est moi… d’une certaine façon…
— Dans ce cas, il faut que tu te rendes aux flics.
— Impossible.
— Qu’est-ce que tu racontes encore ?
— Si je pars en taule, je suis mort. Les mecs qui ont fait ça, ont tout mis en œuvre pour que je sois le seul à être accusé.
Il renifle avant de me fixer avec un air indéchiffrable.
Quelle merde !
J’attrape mon portable et il panique.
— Putain, tu appelles qui là ?
Il rassemble le peu d’affaires qu’il a avec lui et commence à se lever.
— Assieds-toi. J’envoie juste un texto à Bapt.
Je ne sais pas trop quoi faire. Mon pote connaît ce mec, mais ce qu’il me dit me fait froid dans le dos. Et ce qu’il ne me dit pas, encore plus.
Nous reprenons un café, et je m’aperçois d’un truc que je n’avais pas encore remarqué. Ce mec est un camé. J’en suis certain. J’en sais suffisamment sur le sujet pour remarquer les signes.
Ça ne fait pas forcément de lui un sale type, mais un gars qui doit avoir pas mal d’emmerdes.
Putain, pourquoi est-ce qu’il a fallu qu’il apparaisse maintenant ?
Je me souviens que Bapt nous a parlé de la mort de son ex quand on a repris le boulot. Mais il ne savait pas grand-chose à part que les flics l’ont suspecté au début et que son copain d’enfance était introuvable.
Comment j’aurais préféré qu’il reste où il était celui-là !
Mon pote me répond à la troisième sonnerie.
— Bapt, c’est moi.
— Je viens tout juste d’arriver chez Justine, Elena est dans les bouchons.
— Ben comme ça, tu as cinq minutes, fais-je en toute logique.
— Ouais.
— J’ai Julien en face de moi là. Et
— Ah… attends, je vais sur le balcon.
J’entends une porte-fenêtre s’ouvrir puis se refermer avant qu’il ne me reprenne :
— Je t’écoute.
— Il est dans la merde. Visiblement, il a des problèmes avec des mecs pas fréquentables si tu vois ce que je veux dire, mais je suis quasi sûr qu’il n’a pas tué ton ex.
Julien me regarde avec des yeux de merlan frit.
— En même temps, je ne peux pas croire qu’il l’a fait, appuie Bapt à l’autre bout du fil.
— Le truc, c’est que s’il ne se rend pas et qu’on l’aide on devient complices. Perso, je ne suis pas à ça près, mais toi, tu veux faire quoi ?
— J’en sais rien, Jérem. C’est risqué non ?
— Ouep, ça, c’est clair. Mais c’est ton pote, alors, je suis prêt à prendre le risque.
— Et comment on va gérer ça ? s’inquiète-t-il.
— J’ai ma petite idée.
Et ça ne va plaire ni à l’un ni à l’autre, je pense…
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