Anges Noirs Tome 1: Bapt
Je ne peux pas risquer de la perdre encore.
Moi, c’est Jean-Baptiste. Bapt, pour les intimes.
Il y a deux ans, jamais je n’aurais imaginé faire partie des anges Noirs.
Ma vie se résume au Rock et ces trois mecs du groupe devenus mes meilleurs amis. Et j’adore ça !
Je pensais avoir tout ce dont je rêvais jusqu’à ce que je croise son regard en quittant le zénith de Toulouse.
Comment ignorer ce signe du destin ?
Vais-je réussir à saisir cette seconde chance avec elle ?
Plongez dans une romance intense où la musique, l’amour et les secrets s’entrelacent.
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- Extrait -
— Wow ! L’ambiance ce soir était démente ! fais-je une fois de retour dans notre loge.
— Démentiel ! confirme Jérem, un sourire du diable barrant son visage.
Il est heureux et ça fait plaisir à voir. Matt me tape dans le dos et congratule le groupe.
— Bravo, les mecs, vous avez assuré.
— Toi par contre…, commence Oli.
Il n’a pas le temps de finir sa phrase que notre chanteur lui jette un regard aussi noir que nos fringues.
Oli éclate de rire, bientôt suivi par Jérem et moi. Matt peste pour la forme avant de nous rejoindre dans notre hilarité.
— Eh bien, l’ambiance est bonne ici, nous interrompt notre producteur en entrant dans la pièce.
Nous retrouvons instantanément notre sérieux.
— C’était quoi cette chanson ? Ce n’était pas prévu au programme, nous demande-t-il en me fixant.
Forcément… En même temps, je n’en ai parlé au groupe qu’à l’instant où on montait sur scène. Je devais chanter cette chanson, ce soir. Ici. Si je voulais avoir une chance qu’elle l’entende. Alors que je cherche à me justifier, Philippe reprend toujours sans me quitter du regard.
— Alors ?
— Une surprise.
— Et tu en as d’autres, des comme ça ?
— Il a assuré grave ! fait Jérem venant à ma rescousse.
Je sais que Karabas aime que les choses soient carrées, bien réglées. Mais il fallait que je le fasse.
— Oui, réponds-je le plus sincèrement possible. J’ai pas mal de textes et de compos de côté. On doit justement en parler avec le groupe pour le prochain album.
— Et tu comptes devenir le chanteur du groupe ?
Je le dévisage, ne comprenant pas son intention. Si Matt est notre leader et le chanteur officiel du groupe, chacun des membres peut pousser la chansonnette s’il en a envie. C’est une des clauses du contrat que nous avons signé il y a deux ans, quand Philippe est venu nous chercher alors que nous évoluions chacun dans notre coin.
— Il n’en a pas l’intention, affirme Matt, n’est-ce pas, Bapt ?
Je fais un signe de tête confirmant en silence son affirmation.
— Mais ce texte lui tenait à cœur, et les Toulousains le connaissent, tu as bien entendu les acclamations de certains quand Bapt est arrivé sur scène ?
C’est au tour de notre producteur d’acquiescer d’un hochement de tête.
— Et il a tout déchiré ! ajoute Jérem. Franchement, cette chanson est magique. Et…
— C’est vrai, mais j’aimerais que la prochaine fois, vous m’avertissiez des changements de programme. Et à propos de changement de programme…
Aïe, je sens que je ne vais pas aimer ça. Mais je le laisse continuer.
— J’ai organisé un rendez-vous presse pour demain matin et une séance de dédicace surprise… maintenant.
— Quoi ? intervient Matt. On sort de scène, on est crevé.
— Je sais, mais ça fait aussi partie du boulot. Alors, je vous donne une demi-heure max pour me rejoindre dans le hall du Zénith. Je ne sais pas pourquoi, mais ici, le public s’est jeté sur vos disques et autres objets que nous vendons. Profitons du moment.
Nous nous retrouvons trente minutes plus tard installés tous les quatre derrière une table sur laquelle on ne trouve rien de plus qu’une bouteille d’eau pour chacun et un stylo. Philippe Karabas et sa fidèle assistante, Sylvie, font office de serre-files et guident les fans jusqu’à nous. Armés de nos sourires, nous accueillons chaque personne, signons là un autographe, posons ici pour une photo.
Pour être franc avec moi-même, j’apprécie cette reconnaissance, c’est très vivifiant.
Mais, là, tout de suite, mon Dieu ce que j’aimerais être ailleurs ! Je scrute la file d’attente tout en souriant devant l’appareil de la jeune fille à mes côtés. Je cherche un visage précis, un regard chaleureux que je ne suis pas parvenu à oublier. Pourtant, quand je vois le nombre de conquêtes de Jérem et Matt, il paraît si simple de s’abandonner. Ils n’ont aucun souci à profiter de leur célébrité naissante et à changer de bras après chaque concert. J’avoue que j’aimerais le pouvoir. J’ai testé, mais mon esprit s’évade toujours vers la même personne. Je ne comprends toujours pas ce qu’il s’est passé. Enfin, il ne s’est rien passé, en réalité. Nous nous sommes vus, mon cœur s’est arrêté pour repartir ensuite dans une course effrénée alors qu’elle apparaissait devant moi. Nous avons échangé un coup de téléphone, quelques mots et un vol Toulouse-Paris chacun installé à un bout de l’appareil. Franchement, je ne comprends vraiment pas pourquoi cette fille m’obsède tant.
La séance de dédicace touche à sa fin. Nous regagnons notre loge, heureux de pouvoir enfin nous changer et rentrer à l’hôtel. Dans la voiture, les gars me félicitent pour ma chanson, ils ne l’avaient jamais entendue avant ce soir, et je suis d’autant plus touché qu’ils aient pris mon parti devant Karabas. C’est vrai que ma requête est arrivée comme un cheveu sur la soupe.
— C’était comme si tu ne faisais qu’un avec le public, tu étais transcendé, me dit Oli.
— On a hésité à te laisser solo complet, toi, ta guitare et ta voix, mais on t’a rejoint et c’était juste génial, ajoute Jérem.
— Je pense que l’on va chanter plus souvent ensemble, complète Matt. Les gars ont raison, il s’est passé un truc, là. D’ailleurs, il faut absolument qu’on ajuste la musique et qu’on enregistre ce titre.
Je suis soufflé. On n’est jamais avare de compliments entre nous, c’est comme ça depuis notre rencontre mais je suis extrêmement ému. La voiture aux vitres fumées approche du grand portail d’accès au Zénith, il y a un petit attroupement de fans qui nous attend.
Mon Dieu, mais qu’est-ce qu’il se passe ce soir ?
Nous arrivons à leur hauteur, chacun a passé sa main par la fenêtre pour leur faire signe le temps de traverser le groupe, quand mon regard se pose sur elle. Elena. Elle est là, en pleine discussion avec une jeune femme. Son carré plongeant est toujours aussi parfait. Alors qu’elle se retourne, je croise son regard. Enfin, elle, elle ne me voit pas.
— Stop ! ordonné-je à notre chauffeur.
Les autres me fixent, incrédules, s’indignent en disant que l’on est attendu. Mais déjà, je ne les écoute plus. Je baisse ma vitre. Une fois arrivé à sa hauteur, nos regards s’enchaînent l’un à l’autre. Plus rien autour de nous n’existe.
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